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Il n'est rien d'ésotérique
ou de mystérieux dans l'art de fumer la pipe, goûter à
ce plaisir relève néanmoins, en plus de quelques règles,
d'un certain nombre de hasards providentiels. Quelle pipe avez-vous choisie? Presque à coup sûr
une de ces pipes de bruyère. Leurs aspects présentent une
variété infinie. Deux formes de barre constituent la première
classification qui s'impose à l'œil le moins averti: les pipes
à tige et tuyau droit (straight) et les pipes à tige et
tuyau courbes (bent).
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Le
Cullotage
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| Toute
pipe de bruyère neuve doit être impérativement culottée
avant son usage régulier. La pipe deviendrait tout simplement infumable si son bois n'était pas d'abord apprivoisé. Pour ce faire, il s'agit d'obtenir progressivement, sur la totalité de la paroi du fourneau, une couche de carbone, le ' culot'. Cette couche protégera de la combustion le fourneau de la pipe. Le culot n'est pas de la bruyère carbonisée - c'est justement ce qu'il s'agit d'éviter-, mais un dépôt des résidus du tabac brûlé. La couche doit s'étendre de façon régulière sur toute la paroi du fourneau. Le culottage exige toujours de la part du fumeur une attention de tous les instants, une surveillance constante des réactions de la bruyère pour éviter qu'elle ne brûle. Si le bois brûle, en effet, la nouvelle pipe risque fort d'être irrécupérable. Seule une immense déception est garantie à ceux qui commenceraient par remplir le fourneau d'alcool, ou par l'enduire de miel, de confiture ou d'huile, dans l'espoir d'obtenir de sa pipe un meilleur goût. Un peu de bon sens suffit pour comprendre que la bruyère, matière idéale pour la pipe tant qu'elle n'est pas brûlée, n'a nul besoin d'être dénaturée avant de remplir son rôle. Aucune pipe digne de ce nom ne résiste à ce traitement. |
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Alors
comment procéder pour avoir les meilleures chances de réussir?
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| Avec beaucoup
de patience, de modération, de vigilance. Dans un premier temps, le fourneau ne sera bourré qu'au quart de sa hauteur, puis ce quart de tabac sera fume très lentement, pour éviter une trop forte élévation de la température du fourneau. Un signe évident permet de s'apercevoir que la bruyère s'échauffe trop: lorsqu'elle 'transpire', que la tête de la pipe est humide. Il convient alors d'éteindre la pipe, et de ne la rallumé qu'une fois refroidie. Ce n'est qu'après 4 ou 5 pipes ainsi fumées qu'on pourra progressivement augmenter la dose de tabac. Après une vingtaine de pipes, on pourra remplir entièrement le fourneau. Ce n'est qu'une fois obtenues une couche uniforme de carbone que la pipe sera définitivement culottée. L'uniformité de cette couche s'obtient d'autant mieux que le culottage s'est effectué en remplissant progressivement sa pipe. : car le haut du fourneau, qui reçoit l'allumage, se culotte davantage et plus rapidement que le fond du foyer. Cette période préliminaire est en général une corvée pour le fumeur. Rares sont les pipes dont on peut prétendre tirer un quelconque plaisir dès premières bouffées. Le culottage de sa première pipe peut se relever être une opération à haut risque pour le débutant, incité par le mauvais goût qu'il obtient à renoncer pour toujours. Pour éviter ce désastre, il est conseillé au novice - comme d'ailleurs au fumeur expérimenté - de ne fumer qu'une ou deux fois par jour sa nouvelle acquisition, et surtout de ne pas chercher à la culotter le plus rapidement possible. Les pipes en écume ne présentent pas ce danger dans la mesure ou elles sont généralement délicieuses dès la première bouffée. Les pipes en terre sont agréables à fumer dès le début. Une qualité indispensable dans la mesure ou leur fragilité les rend éphémères. Il arrive que leur culottage se révèle difficile, la chaleur resserrant parfois les pores élargis. Pour éviter ce problème, il convient de fumer lentement durant le culottage - au moins les vingt premières pipes - et d'éviter les tabacs trop secs. La même précaution s'impose avec les pipes en porcelaine. |
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L`allumage
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| Comme
dans toutes les autres circonstances de la vie, le feu doit être manié
ici avec précaution. Car si une mauvaise combustion du tabac n'est
pas bien grave, brûler le bois de son fourneau par manque d'attention
est une faute qu'on ne se pardonnera jamais. Le plus sûr, et en même temps le plus simple, consiste à tenir le fourneau de sa pipe à la verticale, puis tout en aspirant de petites bouffées, de promener la flamme sur toute la surface supérieure du tabac. L'opération exige de vérifier que toute cette surface est incandescente. Rien n'empêche non plus de souffler dans le tuyau une fois la pipe allumée, bien sûr légèrement, pour attiser le foyer et garantir une bonne répartition de la braise. |
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Le
Savoir-fumer
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Disons-le d'emblée,
il n'est pas de règles pour bien fumer sa pipe. Si l'idéal
consiste à la fumer paisiblement, à petites bouffées,
l'essentiel demeure d'en tirer le maximum de plaisir. |
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Les
Volutes de la Sérénité
| Le
Monde Magique Du Tabac |
Comment
choisir votre pipe